SPM et douleurs de règles : chronique d'un mercredi où mes hormones ont annulé ma vie. (épisode 4)
Il y a des matins où on se lève et on sait.
Pas besoin de regarder le calendrier.
Pas besoin de vérifier une appli de suivi de cycle.
Le corps, lui, il sait.
Et il le fait savoir.
Mais avant ce mercredi matin, avant la bouillotte, avant Sébastien, avant tout, il y avait eu le mardi.
Le mardi où Éléa avait dévoré à peu près tout ce qui était passé à sa portée.
Un fond de houmous avec des crackers à 17h. Deux carrés de chocolat noir devenus une tablette entière vers 19h. Des pâtes à 21h parce que son corps réclamait des glucides avec une insistance qu'elle n'avait pas eu l'énergie de contredire. Et un troisième carré de chocolat, enfin, les derniers, debout devant le frigo ouvert à 23h en regardant dans le vide avec une expression qu'on pourrait qualifier de "philosophique" mais qui était surtout "prémenstruelle".
Elle avait aussi failli pleurer devant une vidéo de chiot.
Elle avait envoyé un message légèrement trop direct à Gabriel, qu'elle avait relu deux heures plus tard avec les yeux écarquillés.
Et elle s'était couchée avec cette irritabilité sourde, ce fond de tension inexplicable, cette impression d'être à fleur de peau sans vraiment savoir pourquoi.
Le corps, lui, savait déjà.
Syndrome prémenstruel : quand le corps décide que c'est non
Le lendemain matin, plus de doute possible.
Elle avait ouvert les yeux avec cette sensation absolument caractéristique, un mélange savamment dosé de ventre en béton armé, de seins qui faisaient mal si quoi que ce soit les frôlait de trop près, de larmes qui menaçaient de monter pour absolument aucune raison valable et d'une envie tranquille mais très déterminée d'annuler l'intégralité de sa semaine.
Le SPM était là.
Ponctuel comme jamais.
Lui, au moins, ne mettait pas trois jours à donner signe de vie.
Contrairement à Gabriel.
Le problème, c'est qu'Éléa avait une grosse journée devant elle.
Pas n'importe laquelle.
Le lancement d'une nouvelle collection pour une maison de joaillerie, six mois de préparation, une centaine d'invités, un hôtel particulier dans le 8ème loué pour l'occasion et Sébastien, son patron, qui lui avait envoyé un message à 8h12 :
"Éléa, tout est ok pour aujourd'hui ? On a besoin que tu sois au top."
Elle avait regardé son téléphone.
Elle avait regardé son ventre.
Elle avait regardé son téléphone.
Elle avait répondu : "Bien sûr, aucun souci."
Puis elle était allée vomir.
Douleurs de règles et endométriose : un inventaire honnête
9h30.
Éléa était allongée sur son canapé avec une bouillotte brûlante sur le ventre et la conviction absolue que ses organes faisaient quelque chose d'illégal à l'intérieur de son corps.
Pour être précise :
Des crampes pelviennes qui irradiaient jusqu'au bas du dos comme si quelqu'un vissait lentement un tournevis. Des nausées intermittentes qui disparaissaient juste assez longtemps pour lui faire croire que c'était passé. Un gonflement abdominal au point que son jean du matin était déjà hors de question. Une migraine sourde derrière les yeux. Une fatigue de plomb, pas celle du manque de sommeil, l'autre, celle qui vient de l'intérieur et qui ne se règle pas avec un café. Et une hypersensibilité émotionnelle telle qu'elle avait failli pleurer en voyant une publicité pour de la soupe.
Ce n'était pas une petite gêne.
Ce n'était pas "normal d'avoir un peu mal".
C'était une tempête hormonale en bonne et due forme.
Et si tu te reconnais dans cette liste, les crampes invalidantes, la fatigue qui cloue au lit, les sautes d'humeur qui démarrent deux à trois jours avant, sache que non, ce n'est pas une fatalité. Ce n'est pas "être fragile". C'est souvent le signe d'un déséquilibre hormonal réel qui mérite d'être pris au sérieux.
Chez certaines femmes, ces symptômes sont amplifiés par une endométriose, touchant 1 femme sur 10, souvent non diagnostiquée pendant des années parce qu'on leur a répété que "c'est normal d'avoir mal".
Ce n'est pas normal.
Déséquilibre hormonal : quand Sébastien ne comprend pas
Sébastien avait rappelé à 11h.
"Éléa, le traiteur a un problème avec la disposition des tables. J'ai besoin que tu sois là pour coordonner."
Elle avait pris une grande inspiration.
"Sébastien, je suis malade. Je ne pourrai pas venir aujourd'hui."
Silence.
"C'est l'événement le plus important du trimestre."
"Je sais."
"Tu ne peux vraiment pas faire un effort ?"
Faire un effort.
Comme si ce qui se passait dans son corps était une question de volonté.
Comme si le syndrome prémenstruel était un caprice qu'on pouvait ranger dans un tiroir le temps d'une journée professionnelle.
Comme si les femmes n'avaient pas passé des décennies à se lever quand même, à sourire quand même, à performer quand même, parce que le monde du travail n'avait tout simplement pas été pensé pour un corps qui fonctionne par cycles.
Éléa avait raccroché.
Elle avait pleuré.
Pas uniquement à cause de la douleur physique.
À cause de cette fatigue profonde de devoir justifier ce que son corps vivait.
Et à cause d'autre chose, aussi, quelque chose qu'elle repoussait depuis des semaines mais qui devenait de plus en plus difficile à ignorer.
Ce boulot lui ressemblait de moins en moins.
Ces soirées, ces lancements, ces sourires de façade, tout ça sonnait de plus en plus creux face à ce qu'elle était en train de devenir intérieurement.
Mais ça, c'était une réflexion pour un jour où elle n'avait pas l'impression que son utérus lui déclarait la guerre.
Ce que personne ne dit vraiment sur le SPM et le cycle féminin
Le syndrome prémenstruel touche entre 20 et 40% des femmes en âge de procréer.
Parmi elles, une forme sévère, le TDPM, trouble dysphorique prémenstruel, peut rendre littéralement impossible toute activité normale pendant plusieurs jours.
Mais au-delà des chiffres, ce que personne ne dit vraiment c'est ceci :
Le SPM n'est pas juste des règles douloureuses.
C'est une chute brutale d'œstrogènes et de progestérone qui impacte simultanément le système nerveux, l'humeur, la digestion, le sommeil, la concentration, la tolérance à la douleur et l'énergie vitale.
La phase prémenstruelle, ces fameux jours avant les règles où on dévore une tablette de chocolat en regardant dans le vide, correspond à un pic de progestérone puis à son effondrement brutal. Ce qui explique les fringales intenses, l'irritabilité, les pleurs sans raison apparente et cette sensation d'être une version légèrement incontrôlable de soi-même.
C'est le corps qui signale que quelque chose est déséquilibré.
Inflammation chronique, alimentation pro-inflammatoire, cortisol élevé en permanence, manque de magnésium, foie surchargé qui ne métabolise plus correctement les œstrogènes, les causes sont multiples et souvent cumulées.
Ce n'est pas dans la tête.
Ce n'est pas un manque de courage.
C'est physiologique.
Et ça mérite bien mieux qu'un Sébastien qui demande de faire un effort.
Rééquilibrage hormonal naturel : la tisane et le bol doré d'Éléa
Clouée chez elle, Éléa avait décidé de faire quelque chose d'utile avec son immobilité forcée.
Elle avait ouvert ses placards.
La tisane anti-crampes
Une cuillère à café de feuilles de framboisier séchées, tonique utérin reconnu, il aide à réguler les contractions et diminue l'intensité des crampes. Une cuillère à café d'achillée millefeuille, antispasmodique naturel, efficace sur les douleurs pelviennes. Une rondelle de gingembre frais, anti-inflammatoire puissant. Un filet de miel brut.
Dix minutes d'infusion. À boire lentement, bouillotte sur le ventre.
Pas magique.
Mais réel.
Le bol doré anti-inflammatoire
Et parce qu'elle n'avait pas mangé correctement depuis la veille, enfin, elle avait mangé, mais pas vraiment les bonnes choses, son corps avait besoin de carburant anti-inflammatoire.
Du riz complet chaud comme base. Des épinards tombés à la poêle avec de l'ail. Un œuf mollet. Une cuillère à soupe de purée de sésame. Un filet d'huile d'olive. Une pincée de curcuma et de poivre noir, le poivre noir augmente l'absorption du curcuma de 2000%. Et des graines de courge, riches en zinc et en magnésium, deux minéraux absolument essentiels à l'équilibre hormonal féminin et souvent déficitaires chez les femmes qui souffrent de SPM intense.
Simple. Nourrissant. Anti-inflammatoire.
Et surtout, possible même quand on n'a pas envie de se lever du canapé.
Cycle féminin et bien-être : apprendre à travailler avec son corps
Ce que cette journée forcée avait appris à Éléa, c'est que son corps ne lui était pas hostile.
Il essayait juste de lui parler.
Depuis longtemps, probablement.
Et elle n'avait pas vraiment pris le temps de l'écouter.
Le cycle féminin n'est pas un problème à gérer.
C'est une boussole.
Chacune des quatre phases, menstruelle, folliculaire, ovulatoire, lutéale, correspond à une énergie différente, une force différente, un besoin différent.
Apprendre à les connaître, c'est arrêter de se battre contre soi-même. C'est comprendre pourquoi certaines semaines on se sent invincible et d'autres complètement à plat. Ce n'est pas une question de volonté.
C'est de la physiologie féminine élémentaire qu'on aurait dû nous enseigner bien plus tôt.
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Parce que ton cycle mérite mieux qu'une bouillotte et de la culpabilité.
Ce soir-là, Nina avait géré le lancement.
Elle avait envoyé un message à 23h14 :
"C'était bien. Repose-toi."
Trois mots. Efficaces. Nina dans toute sa splendeur.
Éléa avait souri.
Puis elle avait posé son téléphone, Gabriel n'avait pas écrit de la journée, ce qui aurait dû lui dire quelque chose mais elle n'était pas encore prête à entendre ce que ça disait, et elle avait ouvert Instagram distraitement.
Elle était tombée sur une vidéo.
Une femme qui parlait du cycle féminin, des hormones, du corps qui stocke tout ce qu'on n'a pas digéré émotionnellement.
Éléa avait regardé les trois premières minutes debout, bouillotte contre le ventre.
Puis les trois suivantes assise.
Puis elle avait cliqué sur le profil.
Et elle avait appuyé sur "s'abonner" sans vraiment réfléchir.
Comme on fait quand quelqu'un dit exactement ce qu'on avait besoin d'entendre.
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